lundi 2 janvier 2012

Un petit debrief sur mon voyage en Namibie :


Les vacances d’été ont commencé pour nous dès la première semaine de Novembre. Nous avons donc décidé avec deux de mes colocs, Camilla et Irene, de partir faire un road-trip en Namibie.

Le 18 novembre, nous avons embarqué à bord de l’Intercape, un bus qui lie le Cap à Windhoek, la capitale de la Namibie. Parties à 10h du matin, nous sommes arrivées le lendemain à 7h du matin, après une nuit plus ou moins reposante. Le bus en lui-même est assez confortable, avec sièges inclinables et possibilité de se faire servir du café. Comme partout en Afrique du Sud, les employés sont très prévenants et, particularité de cette compagnie, nous avons même eu droit à une prière au départ et à l’arrivée !
Le paysage a commencé à changer dès notre entrée dans la région du Northern Cape. Il y fait très chaud et les vignes laissent place à des collines rocailleuses mais très colorées. Nous nous arrêtons – rarement- dans des villages ou des stations services complètement isolés. Les pauses sont très courtes, juste le temps d’acheter un sandwich douteux et d’admirer les nombreuses étoiles qui ne sont plus dissimulées par la lumière des villes. Nous passons la frontière vers 22h. Il fait une chaleur inhabituelle pour cette heure de la nuit. Le bus prend ensuite la route qui parcoure la Namibie du sud jusqu’à Windhoek en une ligne droite ininterrompue.

19/11
Arrivées à Windhoek sous un ciel gris, nous gagnons notre auberge de jeunesse : le Cardboard Box Backpacker, avec piscine et internet gratuit. Une escapade au Pick n Pay du coin révèle les fortes similitudes entre la Namibie et l’Afrique du Sud : mêmes magasins, mêmes langues (Anglais, Afrikaans, langues à clics), mêmes types de population. Dans l’après-midi, nous rappelons Efraim, notre chauffeur de taxi du matin (qui vient apparemment de Katutura, le plus grand township de la ville) pour nous emmener à l’aéroport où nous devons récupérer la voiture de location. Nous sommes un peu retardées par une panne, mais un autre taxi passe bientôt nous chercher. Nous récupérons une polo grise toute neuve et, très important pour un road-trip, équipée d’une entrée USB pour brancher un mp3.




20/11
EN ROUTE VERS FISH RIVER CANYON

Le lendemain, nous sommes debout à 6h car il nous faut parcourir environ 700km dans la journée. Nous voulons en effet arriver au camping de Fish River Canyon avant 5h, heure de fermeture du parc national. La route jusqu’à Keetmanshoop, dernière grande ville avant d’emprunter les petites routes non goudronnées, est parfaitement droite. Nous longeons ou traversons très peu de villes, qui sont pour la plupart, poussiéreuses et très étalées. Nous ne rencontrons quasiment personne, si ce n’est quelques vendeurs de peaux de bêtes, ou simplement des gens qui marchent le long de la route, alors même qu’aucune habitation n’est discernable aux alentours. La région est surtout peuplée d’animaux : nous croisons des suricates, des babouins ainsi que des ânes, des chèvres, des moutons et des vaches. Le paysage est une sorte de savane à l’herbe jaune, parsemée de petits arbustes verts. Parfois des collines, parfois des montagnes. Après Keetmanshoop commence la « gravel road », et le paysage se modifie graduellement. Nous apercevons les premiers « succulents », des arbres typiques de cette région désertique. Nous voyons aussi quelques gemsboks et autruches et beaucoup de springboks. Nous arrivons enfin au camp où nous payons à la fois pour la nuit et pour l’entrée dans le parc national. La terre rouge et les arbres aux longues épines offrent une image assez typique de  l’Afrique.

21/11
FISH RIVER CANYON & LUDERITZ

Nous rejoignons le canyon dès 7h du matin pour éviter la chaleur et arriver à Lüderitz, notre prochaine destination, avant la nuit. Ce canyon, peut-être le plus long d’Afrique (un autre, en Ethiopie, serait capable de rivaliser sur certains critères comme la profondeur ou la largeur), a été créé par une faille, puis l’érosion l’a élargi et creusé encore plus profondément. Il en résulte un phénomène de « canyon dans un canyon ». 
La nature alentours, bien qu’assez clairsemée, est très intéressante. Elle se compose de plantes assez sèches et d’arbres étranges qui poussent isolés les uns des autres. Il y a des succulents, des elephant trees et des quiver trees, de la race des aloe. Ces plantes n’existent qu’en Namibie.

Des "succulent" trees
En route pour Lüderitz, nous longeons une région appelée « la zone interdite » en raison de la présence de diamants. On y trouve aussi des chevaux sauvages, probablement abandonnés par les anciens colons et qui représentent une curiosité biologique du fait de leur incroyable adaptation au climat désertique. Plus nous avançons vers Lüderitz, plus le paysage se fait sec. La végétation laisse bientôt place aux dunes de sable et nous finissons par nous retrouver dans une mini tempête de sable. Miraculeusement, tout s’arrête aux portes de la ville. Nous parvenons aux backpacker juste avant 5h et le proprio nous oblige à loger à l’intérieur et non sous la tente en raison du vent. C’est une vieille maison où on se sent chez soi -genre chez Mamie.











Lüderitz est une ville déserte, à moitié envahie par le sable. Il n’y a personne dans les rues et très peu de magasins ou de cafés. Elle est située près d’une ville fantôme, Kolmanskop, et, à son image, beaucoup de bâtiments sont abandonnés. La ville semble ne pas avoir changé depuis l’époque de la colonisation par les Allemands.

22/11
KOLMANSKOP + BETTA
Cette ville fantôme est située à la sortie de Lüderitz, dans la « zone interdite ». Nous devons donc acheter un droit de faire des photos avec le droit d’entrée et il y a interdiction absolue de ramasser quoi que ce soit (c’est-à-dire aucun diamant). La ville a été bâtie dans le seul but de la prospection de diamants et a été abandonnée dès qu’un gisement de diamants plus important a été trouvé à Oranjemund, plus au sud. La guide, une femme au physique et à l’accent typiquement « colored », nous décrit la vie du village avant son abandon. Il y avait un boulanger, un boucher, un libraire. Ils fabriquaient de la glace sur place et la transportaient sur un petit train qui traversait tout le village. Chaque famille avait le droit à 20L d’eau par jour, offerts par la compagnie de diamants. Chaque habitant était sous contrat avec la compagnie. Il y avait 300 européens et 800 Namibiens, mais curieusement, il n’est quasiment pas fait mention d’eux, les seuls contrats affichés concernent les européens et aucun n’apparaît en photo. De façon générale, il ne semble pas que les colons aient eu une quelconque curiosité envers les Khoesan, les premiers habitants de la Namibie car on ne sait aujourd’hui presque rien de leur culture, qui a quasiment disparue.







Nous prenons la route vers Aus, puis vers le Nord. Nous arrivons à Helmeringhausen qui est indiqué comme étant une grande ville sur la carte mais qui compte en réalité à peine 10 maisons ! La pompe à essence doit y être pour quelque chose... Nous arrivons ensuite à Betta, un village à peine plus grand mais où il y a plus de vie, avec les fermiers et les employés du camping. De loin notre camping préféré, situé au beau milieu de nulle part mais extrêment bien équipé et bien pensé. Chaque site possède une structure en bois pour abriter la tente du soleil, un point d’eau, une table et un braai. Il y a même des prises électriques. On nous indique qu’il y aura de l’eau chaude dès qu’ils auront allumé un feu pour chauffer l’eau des sanitaires ! La structure en bois sert aussi de promontoire pour observer le paysage et, la nuit venue, les étoiles.


23/11
SOSSUSVLEI
Après avoir roulé sur de très mauvaises routes, nous arrivons au camping, dans la réserve de Sossusvlei. Il y fait bien plus chaud que ce que nous avons connu jusque là. Nous passons donc la journée à buller, au milieu des mini-tornades de sable. Nous parvenons, très difficilement, à faire cuire des pâtes pas trop sablonneuses, en pleine tempête de sable, avec un réchaud qui menace de s’éteindre à tout moment ! Le mec d’à côté a évidemment attendu qu’on aient fini pour nous dire qu’il y avait un abri pour cuisiner...


Le soir, nous partons voir le coucher de soleil sur la dune d’Elim, à quelque km du camping. Toutes les dunes ici sont formées de sable rouge, qui devient doré à la lumière du soleil.

24/11
Nous sommes réveillées à 3h du matin par le vent qui menace d’arracher notre tente. Nous voulions de toute façon nous lever à 4h pour aller voir le lever du soleil sur les dunes. Les portes du parc ouvrent à 5h et nous nous engageons dans la file de voitures qui tentent de gagner la plus grande dune mais nous nous arrêtons à la dune 45 car le soleil monte vite. La vue, avec cette lumière, est incroyable. Nous gagnons ensuite Sossusvlei et, du haut de la dune, nous apercevons, en contrebas, une sorte de désert de sable blanc, qui ressemble à un désert de sel avec des arbres noirs et morts.




Nous avons ensuite immédiatement quitté le camping. Arrêtées à une station service pour déjeuner, un vieux baroudeur à barbe et cheveux longs nous indique gentiment qu’une énorme épine est enfoncée dans notre pneu avant et que ça pouvait être assez dangereux (!). Un employé de la station la retire et rebouche le trou par un embout en caoutchouc. Nous avons évidemment du repayer le pneu à la compagnie de location...

WALVIS BAY
Nous pensions nous arrêter dans un camping (sans eau ni électricité) sur la route mais nous avons finalement réussi à rejoindre Walvis Bay, sur la côte. Là, nous avons un peu galéré pour trouver un backpacker et une super guesthouse plus chère mais avec lits confortables et petit-déjeuner nous tendait les bras... Nous avons donc opté pour cette solution. Le soir, nous sommes sorties pour manger, et après avoir marché 20 bonnes minutes sans voir l’ombre d’un restaurant ou d’un magasin, nous sommes enfin tombées sur un bistro, rempli de gros allemands, servis par des noirs, comme partout en Namibie. Walvis Bay est une ville extrêmement étendue et exclusivement résidentielle. Beaucoup de maisons assez luxueuses sont encore en construction. Mais je ne sais absolument pas de quoi vivent les gens ici, mise à part la pêche, ni pourquoi ils semblent si riches.

25/11
Le lendemain, nous avons eu droit au meilleur petit-déjeuner de notre vie et le proprio nous a même fait une ristourne pour la chambre. Nous sommes allées nous balader sur le front de mer où nous sommes tombées sur d’énormes méduses échouées sur la plage. C’était bien la seule chose intéressante de cette ville.
Nous avons donc gagné :

SWAKOPMUND

Nous avons visité plusieurs auberges assez chères. On nous a ensuite indiqué un Youth hostel où l’on pouvait planter la tente : 20 Rand la nuit au lieu de 140 (soit 2 euros au lieu de 14). Mais les douches étaient très vétustes et l’endroit ouvert sur la rue, ce qui a pas mal effrayé mes deux colocs. Nous sommes donc retournées au premier backpacker où il nous a fallu payer R110 pour camper. Swakopmund de bord de mer très touristique et très allemande. Ici, la séparation entre les peuples est mise en scène par la ville elle-même. Il semble en effet y avoir un gouffre entre les magasins « safari » et les pâtisseries allemandes traditionnelles, tous deux représentant surtout les clichés sur l’Afrique et sur l’Allemagne. Le soir, nous avons même été témoins d’une célébration avec costumes et chants traditionnels allemands dans un restaurant. Effarant.




26/11
Les filles sont parties faire du surf sur les dunes, mais je suis restée à l’auberge. Elles me rejoignent en fin d’aprem et nous partons explorer le désert à la recherche d’une plante étrange, la Welwitschia Mirabilis, de la famille des conifères et qui peut atteindre 1500 ans ! C’est comme un mini safari au bout duquel nous découvrons la doyenne de ces plantes, énorme, toute seule au milieu du désert et entourée d’une barrière protectrice.



27/11
Nous retournons à Windhoek, à l’auberge du début. la boucle est bouclée. Demain, c’est retour au bercail, ou presque : Irene et moi prenons l’avion pour Johannesburg alors que Camilla reprend le bus pour Cape Town.

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