lundi 3 octobre 2011

GOD IS GOOD


La religion occupe une place importante dans la société sud-africaine - ou en tout cas le fait d'appartenir à une église. Il me semble en effet que le rôle de l'Eglise consiste surtout à souder les communautés.
J'ai eu plusieurs discussions à ce sujet avec des amis sud-africains. Certains ne comprenaient même pas que je puisse être athée ou agnostique. L'église fait partie de leur univers quotidien et ils n'ont pas honte d'en parler car tout en elle paraît positif (ce qui n'est pas le cas du point de vue français). Elle fournit à la fois un espace d'expression et un foyer. Deux de mes amis vivent à Kolbe house, qui est une sorte de foyer religieux assez informel. Ils participent tous deux activement à la vie de cette communauté, notamment par le chant. Les activités organisées par cette communauté ne sont pas réduites à la vie religieuse mais servent surtout à engager les résidents dans toutes sortes d'activités créatives : la danse, le chant, etc. qui elles-mêmes soudent la communauté autour du partage.
J'ai pu observer cela lors d'une soirée organisée à Kolbe, baptisée Coffee, Cake and Culture, où les résidents sont invités à offrir un numéro artistique. Ce qui est frappant, c'est la facilité avec laquelle ils montent sur scène, qui est due sans doute à l'accueil plus que chaleureux que le public leur réserve. Tous n'étaient pas excessivement talentueux mais tous voulaient partager quelque chose. Il me semble qu'en Europe, les spectateurs seraient plus exigeants sur la qualité de la performance. 
Il faut dire un mot du public. L'attitude des spectateurs n'a rien à voir avec un public occidental. Il est moins important d'écouter l'artiste que de l'encourager, par tous les moyens possibles : petits cris ("ish", "oou"), applaudissements, certains claquent des doigts ou lèvent simplement la main, et finalement, un éclat de rire général.
Autre particularité : entre chaque numéro, une vente aux enchères était organisée, en faveur de la communauté.  Elle était orchestrée par une sorte de MC tentant de se défaire d'objets tous plus moches les uns que les autres et qui pourtant finissaient par être vendus bien plus cher que leur valeur originale.
J'ai gardé de cette soirée le sentiment d'une communauté très soudée et en même temps très ouverte. Je n'ai même pas mentionnée l'appartenance religieuse de cette communauté car cela n'a que peu d'importance apparemment. C'est en tout cas une communauté chrétienne mais de nouvelles églises se forment si souvent en Afrique du Sud (c'est un business juteux) que les notions de "catholicisme" ou de "protestantisme" n'ont guère de signification. Il est difficile de lister toutes les dénominations ! Un ami camerounais qui vit depuis 6 ans ici m'a même expliqué qu'il changeait d'église chaque dimanche. Il se considère chrétien, point.
C'est lui, Roland, qui m'a emmené à l'église dimanche dernier. Cette église rassemble un public essentiellement noir, ce qui fait qu'on (moi et d'autres étudiants internationaux) a été très rapidement repérés. Dans cette communauté, ils demandent aux nouveaux venus de lever la main afin d'être accueillis dignement. Roland m'avait conseillée de ne pas lever la main, au risque de me faire entraîner par les "usherettes" dans une salle à part afin de m'expliquer comment je pouvais participer à la vie de ma toute nouvelle église. Il m'a paru un peu prématuré en effet de me considérer comme membre de cette église après une seule visite :)


Le service a duré 3h mais s'est révélé bien plus intéressant qu'un service en France. Il a lieu dans une grande salle, type salle des fêtes, le public faisant face à une scène où des instruments sont disposés. En terme d'équipement religieux, il n'y a qu'un pupitre. Par contre, chaque intervenant dispose d'un micro et toute la cérémonie est filmée et retransmise dans une salle voisine pour les retardataires n'ayant pas pu avoir de place dans la salle. La séance a commencé par plusieurs chansons religieuses (chant + piano, guitare, batterie, cuivres...) pour chauffer la salle. Ensuite, on a eu droit à une remise de diplôme pour "the school of ministry". Ce n'est pas vraiment pour devenir pasteur mais on doit pouvoir prendre en charge plus de choses au sein de l'église avec ce diplôme. Un des diplômés a fait un discours intéressant, à la façon d'un slam, avec des rimes (au besoin en rajoutant des syllabes à certains mots). Le pasteur a pris le relais. Le mot du jour était "relax". Le prêche était impressionnant. Le pasteur cite des passages de la Bible, les explique par rapport au message qu'il veut faire passer, la plupart des gens prennent des notes. Parfois il rompt le fil de son discours pour nous dire de dire à notre voisin "relax!" ou "tu es trop sérieux !" ou "tu es au bon endroit". Il manie très bien les variations de ton, passant du pathos à l'exaltation. Il est évidemment soutenu par un public extrêmement réceptif et actif. Comme à Kolbe House, les gens parlent ou lèvent la main pour signifier leur approbation. Les gens sont complètement happés par ses paroles. Vers la fin de son prêche, il a entamé son auto-promotion, en racontant plusieurs histoires au sujet de personnes dont il avait changé la vie grâce à ses prédictions. Il avait par exemple prédit à une femme qu'elle trouverait un mari dans l'après-midi même. Son voeu s'étant réalisé, la femme est venue le voir en pleurs et son mari l'a couvert de voitures de luxes.:) Il a ensuite invité les personnes se sentant concernées par la solitude, le besoin de reconnaissance, le besoin d'argent etc. à lever la main puis à venir s'agenouiller devant l'autel afin que le pasteur les bénisse et prie pour eux spécifiquement. Les situations décrites pouvaient tout à fait correspondre à toutes les personnes réunies. Cette façon de 'victimiser' les gens est sans doute un moyen de s'assurer que les gens reviennent chaque dimanche, pensant que leurs problèmes peuvent être résolus de cette façon ou au moins que quelqu'un les comprend. Sachant que le pasteur invite les fidèles à donner 10% de leur salaire à l'église, on comprend l'enthousiasme avec lequel il administre la cérémonie... Avec succès d'ailleurs car plusieurs personnes ont fini en pleurs, totalement exaltées par ses paroles. Enfin, alors que nous nous dirigions vers la sortie, le pasteur lui-même est venu nous parler, pour nous accueillir chaleureusement dans son église. 
A la sortie de la salle, on se sent effectivement extrêmement valorisés, considérés, on fait partie d'une communauté à laquelle on peut communiquer nos problèmes, nos angoisses. But isn't it a bit too much? Je parle évidemment en tant que représentante du bon vieil anti-cléricalisme français. Mais cette expérience m'a au moins permis de le remettre en perspective.

Nouvelle anecdote : l'autre jour, un homme m'a arrêtée dans la rue en me demandant si je croyais en Dieu. Il a ensuite posé sa main sur mon épaule et a prié pour moi, pour que Dieu m'envoie un signe et me donne la foi !

dimanche 7 août 2011

Da Bestest

L'Afrique du Sud semble avoir un léger complexe d'infériorité qui se matérialise, entre autres, sur les bouteilles de lait. On peut lire sur celles-ci, ainsi que sur la plupart des produits alimentaires, dans les guides touristiques, une surenchère de superlatifs :

"the most pasteurised milk of South Africa"
"the longest white sandy beach of the southern hemisphere"
ma fac est considérée comme la meilleure fac d'Afrique
l'endroit le plus au sud de l'afrique se trouve en Afrique du Sud 
ils veulent aussi faire de Table Moutain (une des montagnes qui entourent la ville du Cap) l'une des 7 merveilles du Monde.
etc.

C'est vrai que l'occasion de voir des paysages magnifiques se présente plus souvent que dans d'autres pays. Un simple coucher de soleil à Cape Town est toujours d'une beauté époustouflante. Où que l'on aille, la nature est toujours plus ou moins présente, à travers la mer ou la montagne. C'est certainement ce qui confère à l'Afrique du Sud son caractère unique. Mais les agences touristiques l'ont aussi compris et sont bien décidées à en tirer le meilleur parti.

dimanche 31 juillet 2011

Stellenbosch - Wine Festival


Samedi matin aux aurores, départ pour Stellenbosch, une ville réputée pour ses vins, à une heure de train de Cape Town. C'est là qu'a lieu un des nombreux Wine festivals que compte l'Afrique du Sud. Nous avons loué une chambre avec mes collocs dans une auberge de jeunesse assez cosy :


Ensuite, dès 11h, direction le festival où l'on peut goûter toutes sortes de vins et de plats mais aussi assister à des conférences sur les vins sud-africains 




Ce festival, et cette ville d'ailleurs, ne rassemblent quasiment que des blancs, riches pour la plupart. Bien que ce soit une ville universitaire, on ne retrouve pas du tout le même genre de population qu'à l'université de Cape Town. J'ai même pu rencontrer mon premier Afrikaner raciste !
Vers cinq heures, le côté beauf d'une bonne partie des festivaliers avait pris le dessus. ça sonnait la fin.

Le soir, resto libanais et bar avec d'autres étudiants de UCT

Irene, Ernst (Hollandais) et Linnea (Suédoise), trois de mes collocs


le gérant de l'auberge
En rentrant à l'auberge, nous nous sommes retrouvées à discuter autour d'un feu avec quelques sud-africains d'origine Xhosa, qui travaillent dans le coin. J'ai notamment discuté avec un homme qui était né en ville, avait été élevé dans un village dans la campagne, puis avait vécu dans un township et enfin était arrivé à Cape Town. Il y a finalement un peu de tout à Stellenbosch.




mardi 26 juillet 2011

Mzoli's


J'ai eu, plus tôt que je ne pensais, l'occasion de visiter un township. Ce que m'en avait dit les gens m'avait donné l'impression que jamais les populations du centre-ville et celles des township ne se rencontraient. En réalité, ce ne sont pas des espaces si hermétiques, en tout cas le jour.

Dimanche, Tatenda, un des étudiants de ma fac, nous a donc emmenés, moi et mes colocs, dans le township de Gugulethu, dans un restaurant très connu appelé Mzoli's où on sert de la viande grillée.



C'est un énorme "braai" où toutes sortes de populations se rencontrent pour manger, boire et danser sur de la grosse house. Cet établissement est tellement populaire qu'il faut s'y rendre dès 10h du matin pour être sûr d'avoir une place.

Après s'être appropriés une table en mentant au sujet de notre réservation, nous sommes allés acheter (illégalement) de l'alcool dans une petite boutique. Il faut ensuite aller acheter sa viande que l'on porte soi-même en cuisine. La viande se mange avec les doigts, accompagnée de "pop", sorte de bouillie de maïs, assez fameuse ma foi.

Tatenda & Camilla


Au bout de deux, trois heures, la salle est pleine et les gens assez échauffés par l'alcool, commencent à danser.


Dans les rues, tout le monde nous dit bonjour, que ce soit pour nous vendre des lunettes de soleil ou, comme ces enfants, pour se faire prendre en photo :



Comme on le voit dans ces photos, ce township abrite des maisons en dur, à la différence d'autres townships, où les maisons sont faites de morceaux de bois et de tôle.

Tatenda (Zimbabwe), Camilla (ma colloc norvégienne) & Ramon (Suisse)

Tatenda, Boyagh (Botwana) & Sharon (?)

Ramon & Irene (mon autre colloc norvégienne)

Boyagh, Irene, Linnea (Suède), Camilla & moi

samedi 23 juillet 2011

Mini-buses


Les mini-bus sont une institution à Cape Town. Ce sont de petits combis que l'on peut prendre à chaque coin de rue et qui vous déposent où vous le souhaitez. Dans chacun d'eux, un homme est chargé de rameuter les clients en criant le nom de l'endroit que le mini-bus dessert. 


Il descend même souvent du mini-bus pour aller chercher des clients potentiels dans la rue. Un trajet ne coûte que 50 centimes mais il faut parfois prendre plusieurs mini-bus pour arriver à destination. Dans le centre de Cape Town, une grande esplanade accueille tous ces mini-bus.


Dans certains, on peut écouter du rap hardcore à fond les ballons, mais dans d'autres ça discute en plusieurs langues entre le chauffeur et les clients. 

vendredi 22 juillet 2011

Visite de Bo-Kaap, le quartier malais

Ce quartier est peuplé de descendants d'esclaves malais, de confession majoritairement musulmane. Ils font donc partie des "coloureds". Ce terme est utilisé, sans connotation raciste, pour désigner toute personne métis, qu'elle soit de descendance malaise, noire ou blanche. 







jeudi 21 juillet 2011

Quelques images de ma maison



                                             On aperçoit "Table Mountain" dans le fond

                          Un "braai", c'est-à-dire un barbecue, une tradition sud-africaine